Dresse-toi

Couches juin 2016 ecran-44
Dans « Dresse-toi » nous interrogeons le public sur les concepts d’hyper hiérarchisation et de minorisation.
Dans la métaphore des trois transformation de Nietzsche, nous sommes à cette période charnière où le chameau qui disait “je dois” se change en lion qui grogne “je veux”, nous militons pour l’avènement de l’enfant qui dit “je joue”.
Dans ce spectacle en plus de 2 chevaux de traits et 2 chevaux de selle (2 étalons, 1 jument et 1 hongre) sont présents 4 humains : une dresseuse voltigeuse, une fakir-contorsionniste, un danseur acrobate et un comédien performeur.
Organisé en trois mouvements, il traite des minorités par le biais de cette minorité majoritaire qu’est la femme. Il est une poursuite du travail entamé dans “Salopette” (création 2017), il en est la soeur, pensé pour la rue et teinté de cette urgence sécuritaire dont la pression se fait ressentir constamment.

Le premier mouvement aborde la vulnérabilité que nous croyons être une force tandis que notre société la dévalue en faiblesse. Ce sont les chevaux qui nous ont appris cette leçon, à savoir que le lâcher-prise permet un rapport non hiérarchisant, une collaboration, une synérgie.
Le deuxième mouvement évoque la femme par le tabou du sang menstruel, culturellement caché et jugé sale.
Le troisième mouvement s’empare des limites imposées aux femmes par une société patriarcale, des lieux qui leur sont inaccessibles, des métiers interdits.

Contées et dirigées par un Mr loyal séducteur et abusif, les interprètes féminines, sont à la fois victimes et bourreaux, à la fois tendres et violentes, à la fois lisses et rugueuses.
Nos 4 chevaux sont des reflets, des médiateurs, des truchements qui permettent aux personnages d’évoluer.
Dans notre scénographie nous symbolisons l’enfermement, la claustration et la dangerosité de franchir les frontières (littérales ou non) par des clôtures électriques. En fond de scène, notre camion auquel sont attachés les chevaux, présents pendant toute la durée du spectacle. Cette scénographie vivante et aléatoire, montre des êtres qui font fi du regard. Nous mettons en exerge les oppositions par des contrastes de couleurs et de lumière. La création sonore amène aussi cette part d’animalité. En effet, Tatiana va travailler à partir de texture sonores capturées auprès des chevaux, dans leur habitat naturel : sons de mastication, bruits de sabots, bruits organiques, chuintements du vent dans les herbes…
C’est un spectacle qui remet en question quelques tabous sociétaux, où Yann Ecauvre nous fait l’amitié de nous guider dans l’ouvrage par son regard bienveillant.